Au lendemain des élections du 10 avril 1881, le Préfet du Nord se félicite d'avoir à procéder à l'installation à Tourcoing, d'un conseil municipal unanimement républicain.
En effet, pour les républicains, la question scolaire est une des premières à résoudre car il existe, dans cette dernière partie du siècle, un extraordinaire besoin d'instruction, indispensable à l'émancipation du peuple.
Les ouvriers tourquennois sont très souvent ignorants et ne savent pas écrire leur nom. Pourtant la ville de Tourcoing ne manque pas d'écoles, mais elles sont toutes aux mains des congrégations et seuls les privilégiés ont pu les fréquenter, les autres étant entrés souvent à l'usine dès l'âge de huit ans. Aussi, les républicains ont hâte de réaliser leur programme scolaire, et dès avant les lois de Jules Ferry
- en mars 1882 pour l'obligation scolaire et la laïcité,
ils s'engagent en mai 1881 à installer à Tourcoing, deux écoles laïques.
L'école laïque de garçons à trois classes s'ouvre donc au 10 de la rue de Gand le 4 octobre 1881 et rapidement la création d'une école primaire supérieure se révèle nécessaires. C'est chose faite, par arrêté ministériel du 26 avril 1886.
On construit des ateliers, trois salles pour l'ajustage, la menuiserie, le modelage. On achète de l'outillage dont « un moteur à gaz de la force de 4 chevaux d'une valeur de 4000 francs ». Cette école supérieure va accueillir 44 élèves en novembre 1887 ! C'est dès cette année que se constitue 1' Amicale des Élèves.
D'École Supérieure, elle va devenir «Institut Colbert », titre gravé au frontispice de l'école en 1892, en consécration des succès obtenus par un nombre toujours croissant d'élèves.
Pourquoi donne-t-on à l'Institut le nom de Colbert ? La commission de l'Instruction Publique le choisit car «Cet homme illustre n'a agi que pour le bien du travailleur, la grandeur de la France et fut en quelque sorte le créateur de l'industrie de notre pays! ».
Et l'Institut Colbert s'agrandit, occupe le 6, le 8 rue de Gand, s'ouvre désormais sur la rue du Printemps (rue G. Péri) et, en. 1914, réunit en un même local, sous une même direction générale, plusieurs écoles distinctes ouvertes aux garçons et aux filles:
- un Cours Préparatoire, relevant de l'enseignement primaire,
- une École Primaire Supérieure (E.P.S.) préparant au Certificat d'Études Primaires, au Brevet Élémentaire, au Brevet Supérieur, à l'École Normale,
- une École Pratique d'Industrie et une École Pratique de Commerce où les horaires élèves atteignent souvent 48 heures par semaine.
L'Etablissement acquiert vite une excellente réputation, les études sont difficiles, tous les élèves n'obtiennent pas le diplômes de fin d'études!
La Première Guerre Mondiale et l'occupation de Tourcoing par les allemands bloquent l'essor de l'Institut, mais dès 1922 se créent dans les locaux une école de textile et une section de fonderie.
Pendant la Seconde Guerre Mondiale, un centre de formation professionnelle s'ouvre à Colbert (1941) et le but des études est le C.A.P., préparé pour la première fois pendant une scolarité normale dans l'enseignement technique et non plus obtenu à l'issue des cours professionnels liés à l'apprentissage.
En 1945. l'Institut Colbert devient «Collège Technique Moderne» avec un cycle d'études complet de la sixième à la terminale conservant toutefois un centre d'apprentissage et les cours professionnels. L'enseignement supérieur y fait d'ailleurs son entrée avec la création des classes de Techniciens Supérieurs.
A partir de 1960, les dénominations se succèdent, le collège devient Lycée Nationalisé puis Lycée d'Enseignement Général et Technologique (LE.G.T.), puis Lycée Scientifique et Technique (LS.T.), tandis que le Centre d'Apprentissage devient Collège d'Enseignement Technique (C.E.T.), puis Lycée d'Enseignement Professionnel et enfin Lycée Professionnel (L.P.).
160 professeurs enseignent aujourd'hui dans les deux lycées L.S.T. et L.P.. héritiers aujourd'hui de l'Institut COLBERT, et qui rassemblent 1600 élèves, les formations postbaccalauréat en comptant environ 230 avec les B.T.S. Electronique. Electrotechnique, Maintenance, et celui de Domotique à la rentrée 1990.
De très nombreux auditeurs fréquentent, par ailleurs, le Centre de Formation Continue.
De plus, il existe une classe préparatoire scientifique «SUP. TSI », et une classe préparatoire « SPE TSI»
Depuis septembre 93 est proposée la Formation D.N.T.S Maintenance des Transports guidés (durée 1 an).
Polyvalence. diversité, sont depuis sa création, aujourd'hui encore, l'originalité de l'Institut COLBERT Une collaboration étroite avec les différents partenaires Municipalité, Membres représentants des professions - est toujours nécessaire afin que l'enseignement technique dispensé ici soit ouvert sur le monde extérieur, bien sur, et sur l'Europe toute proche...
Texte fourni par le CDI du Lycée Colbert