Saison 1 - épisode 02

LA VERITE

 

 

Ambassade taelon, bureau de Da'an - Washington D.C.

Réunion du Synode taelon. 5 ou 6 taelons en plus de Da'an participent à la réunion.

Da'an : Rassurez-vous, cela ne m'affecte nullement que l'on cherche à me supprimer.

Membre du syndode 1 : C'est ce que vous croyez, même si vous vous en êtes sortis indemne physiquement. Aucun d'entre nous ne saurait endurer une telle agression sans réagir. Tôt ou tard il vous faudra affronter la vérité.

Da'an : La vérité a de multiple facettes.

Membre du synode 2 : Ceux d'entre nous engagés dans des territoires moins périlleux que l'Amérique sont impressionnés par votre courage, Da'an.

Da'an : Il faut savoir, parfois, prendre des risques.

Membre du synode 3 : Quelles mesures avez-vous prises pour prévenir de nouveaux attentats ?

Da'an : Vous savez que j'ai fait greffer un implant sur un autre être-humain : Boone, celui qui m'a permis d'échapper à cette tentative d'assassinat. J'ai prévu d'annoncer sa promotion.

Sandoval entre dans la pièce.

Sandoval : La presse est arrivée, Da'an.

Da'an : Faites-les entrer, je vous prie, Boone également.

Sandoval se retire.

Da'an : Boone devrait vous plaire, il a un potentiel remarquable.

Membre du cynode 3 : Il ne reste à espérer que cet humain se montre à la hauteur de la tâche qui lui est confiée.

Les membres du synode disparaissent. Da'an reprend visage "humain".

 

 

GENERIQUE

Leur venue sur Terre il y a trois ans déjà

à bouleversé l'avenir de l'humanité.

 

 

Bureau de Da'an.

Les membres de la presse entrent dans le bureau. Ils sont suivis de Boone.

Da'an : Merci mes amis. Je me réjouis d'être à nouveau parmi vous. Nous, les compagnons, sommes venus sur Terre pour partager notre savoir, (Rediffusion du discours sur un écran de télé situé dans le Flat Planet Cafe. La serveuse, au bar tente de changer de chaîne mais toutes diffusent le même programme.) apprendre, enseigner qu'il est possible de prospérer ensemble. Nous nous félicitons de constater que nombre d'entre vous ont reconnu notre bonne volonté. Nous comptons sur vous pour créer le milieu favorable à l'épanouissement de nos relations. (La serveuse rouspète) Cependant, les événements tragiques de la semaine dernière nous ont amené à réévaluer nos impératifs de sécurité. (Augure est affalé sur un canapé à regarder le discours télévisé en fumant des plantes aromatiques…) Votre Président a eu la bonté de nommer un officier de police compétent pour nous soutenir dans nos efforts.

Boone s'avance vers Da'an.

Da'an : Le commandant William Boone sera dorénavant au service de nos deux mondes comme responsable de la sécurité et des relations entre nos espèces.

Boone salue Da'an d'un haussement de tête.

Boone : Merci, Da'an. La confiance que Da'an me témoigne est un immense honneur dont j'espère me montrer digne. Je m'engage dès à présent à faire le maximum pour le bien de tous. (à la presse : ) Si vous avez des questions ?

Une journaliste : Est-il exact que le snipper retrouvé mort était un ami à vous ?

Boone fait un flash-back grâce à son CVI.

Boone : Exact, Eddy Jordan faisait parti du même commando que moi pendant la guerre. Il a servi son pays avec honneur.

Journaliste : Est-ce qu'il a agit seul ?

Boone : Disons, jusqu'au moment où…

Da'an l'interrompt.

Da'an  : Malheureusement, nous savons que parmi vous, certains s'opposent à toute collaboration avec les compagnons. L'une des tâches du commandant Boone sera de formellement s'assurer que ces groupuscules ne deviennent une véritable force de destruction..

Boone (à la presse) : Avez-vous d'autres questions ?

 

Bureau de Boone.

Sandoval approche son œil d'un appareil pour une reconnaissance de la pupille afin d'accéder au bureau.

Sandoval : Voici votre bureau, Boone.

Ils entrent.

Sandoval : Toute la technologie taelon à votre disposition.

Boone : De quel genre, au juste ?

Sandoval : Vous voulez un exemple ?

Il sort en traversant la vitre virtuelle qui mène au balcon. Boone le suit, épaté.

Sandoval : Ca, c'est une vitre virtuelle, conçue pour votre sécurité. Elle ne se casse jamais, ne se salie jamais. Ca vous plaît ?

Il entre à nouveau.

Sandoval devant une pile de boites.

Sandoval : J'ai pris la liberté de faire débarrasser votre ancien bureau.

Sur ses affaires, Boone trouve, retournée, la photo de sa femme. Son CVI le conduit à revoir par flash certains moments de son passé récent, dont son implantation et quelques moments avec Kate.

Sandoval : Incroyable, n'est-ce pas ?

Boone : heu… quoi ?

Sandoval : Vous commencez à ressentir le plein effet de votre implant cyberviral. Il va vous permettre de faire resurgir tous vos souvenirs dans le moindre détail : visions, sons, odeurs, toutes vos impressions, aussi loin qu'elles remontent.

Boone regardant la photo : Cet instant, ce moment précis, c'est comme si j'y étais, comme si… je le revivais. Ca vous arrive à vous aussi ?

Sandoval : Bien sûr. Vous avez eu un flash-back à la conférence de presse, n'est-ce pas ?

Boone : Oui. Mais dites-moi, comment peut-on arriver à gérer tout ça ?

Sandoval : A travers votre cortex qui devra adopter un mode de pensée différent et une fois que ce sera fait, vous ne pouvez pas savoir à quoi vous arriverez.

Boone : Pfou… J'en ai une petite idée.

Sandoval : Ha oui ? Ca, ça m'étonnerai.

Il s'assoit sur le fauteuil à côté de lui.

Sandoval : 12 mars 87, à midi.

Boone : 12 mars ?

Sandoval : Qu'avez-vous mangé ?

Boone : Peut-être un hot-dog, j'ai un petit trou de mémoire.

Sandoval : Vous le savez, faites un effort.

Boone : Ca remonte à mes années de collège !

Sandoval, un petit sourire en coin : Boone, faites-moi plaisir.

Il sort sa montre gousset de sa poche et l'ouvre.

Boone repart dans son passé et revoit à la cantine et ses gros plats de purée…

Sandoval : Allez, Boone, concentrez-vous ! Fouillez dans vos souvenirs.

Revoilà Boone parti dans ses souvenirs de cantoche et se voit avec une tranche de pizza.

Boone : Une pizza. Oui, une pizza. J'avais fais échange avec Dan Spicer.

Sandoval et un sourire craquant… Il ferme sa montre l'air satisfait.

 

 

Extérieur - Rues de la ville - En voiture : Lili et Boone

Lili : Et vous vous en êtes souvenu ?

Boone : Souvenu ? J'en ai senti le goût ! Ca ne devrait pas vous surprendre, vous m'avez assez parlé de votre fameux CVI, Doors et vous…Hé, prenez là, s'il vous plaît, sur la gauche, vite et arrêtez-vous.

Lili fait la manœuvre. Ils sortent de la voiture. Boone inspecte une grosse tâche noire au milieu du carrefour.

Lili : C'est là que votre femme a été tué ?

Boone : Elle s'apprêtait à prendre la rue en face, elle a grillé le feu à 100 à l'heure, le camion l'a accroché juste là et il l'a projeté ici. Tout ce que j'aimerai savoir c'est comment ils ont fait.

Lili : Il ne faut plus vous occuper de tout ça. Vous êtes un implant, les implants ne se livrent pas aux règlements de comptes. Ils poursuivent un but : servir les compagnons. C'est dans votre intérêt. Vous devez laisser tomber.

 

Labo d'analyse de la police.

Boone explore la voiture de Kate. Il observe une pièce particulière dans ce qu'il reste de la carcasse.

 

Bureau de Boone.

Il est assis à son bureau et commande à l'ordinateur.

Boone : Manuel moteur. Train avant, schéma types. Pièces détachées, circuit d'alimentation. Suite. Suite. Suite. Suite……… Stop.

Il observe un plan en particulier et le compare à la pièce qu'il a du prendre sur la voiture.

 

Extérieur, sur les docks.

Boone attend quelqu'un qui arrive en voiture. Lili en sort.

Boone : Je sais.

Lili : Vous n'avez pas tenu compte de mes conseils.

Boone : Ce n'était pas une explosion accidentelle, j'en ai la preuve.

Lili : A quoi ça vous servira de le prouver ?

Boone : Pour ma tranquillité d'esprit. Ou vous êtes avec moi, ou vous ne l'êtes pas.

Lili : Ecoutez, si vous poursuivez vos investigations, on en subira tous les conséquences.

Boone lui montrant la pièce.

Boone : Ils se sont servis de ça.

Lili : C'est quoi ce truc ?

Boone : Un déclencheur thermique. J'ai trouvé ça dans le circuit d'alimentation de la voiture de Kate.

Lili : Et alors ?

Boone : Ca ne figure dans aucun schéma d'usine, aucun manuel ni aucune liste de pièces. On l'a mit sciemment à cet endroit.

Lili : Je suis pilote moi-même, je vous le rappelle. En théorie, tout est possible, mais…

Boone : Ils ont pas mis une bombe dans la voiture de Kate, ils ont utilisé un déclencheur pour que toute l'auto saute comme une bombe.

Lili : Boone, je sais que vous en avez gros sur le cœur et je suis loin d'être indifférente mais Sandoval nous a chargé d'une mission et si nous ne sommes pas à la hauteur…

Boone se retourne vers une voiture stationnée non loin de là et appuie sur un bouton. La voiture explose avec fracas.

Boone : C'est ce qu'ils ont fait à ma femme. Je sais comment, reste à savoir qui et ensuite pourquoi.

Il s'éloigne.

 

Quartier des entrepôts.

Lili et Boone sortent de la voiture.

Lili : Comment ça pourquoi ?Les compagnons ont fait assassiner votre femme pour vous convaincre de vous joindre à eux.

Boone : c'est l'une des deux hypothèses envisagées.

Ils entrent dans l'un des entrepôts.

Lili : Et quelle serait la seconde ?

Boone : A vous de le deviner.

L'intérieur de l'entrepôt est plein de cartons empilés et semble désert.

Lili : Quelqu'un vit là-dedans ?

Boone : Chut ! Il nous écoute.

Une voix venue du fond de l'entrepôt : Tu as transgressé les règles, Boone.

Boone : On travaille ensemble elle et moi, je voulais vous présenter l'un à l'autre. C'est dans notre intérêt.

La voix : N'empêche que t'aurais pu demander.

Sur l'écran derrière eux, ils peuvent voir qu'on les surveille à l'aide d'une caméra. A l'autre bout de la pièce un homme sort de derrière une pile de carton.

Boone : Excuse-moi, tu as toujours raison.

Boone salue l'homme, de loin, en joignant les mains comme s'il était devant un prince… L'homme s'avance, c'est Augure.  Il se plante juste devant Lili.

Boone : Augure, mon ami, Capitaine Lili Marquette, ma collègue.

Il la détaille de près, sérieux. Ils se serrent la main.

Augure : Enchanté.

Il lui fait un baise main avant de repartir de là où il vient. Boone et Lili le suivent. Il traverse une sorte d'antichambre, mais quand Lili et Boone y pénètrent, deux portes se ferment devant et derrière eux. Lili semble pas trop apprécier.

Lili : C'est quoi ce délire ?

Boone : Mesures de sécurité. Votre arme. Donnez.

Il montre à Augure qu'il dépose l'arme dans l'antichambre et montre que lui n'en possède pas, avant que la porte ne s'ouvre.

Lili : C'est génial. Wow !

Ils se trouvent dans une pièce remplie d'écran, d'ordinateurs, de haute technologie…

Lili (à Boone) : On peut savoir à quoi il joue ton…

Boone : Augure est le dernier des adeptes de l'entreprise à domicile.

Augure sur son ordinateur : Ca, c'est un nouvel avatar made in Seattle. Je vais le leur piqu…leur emprunter, avant qu'il ne le lance sur le marché.

Lili indiquant un écran affichant des statistiques : C'est quoi ça ?

Augure : Il va y avoir une fluctuation des changes demain, à Taï-Peï, superbe occasion pour qui saura en profiter.

Lili : Comment l'avez-vous appris ?

Augure : Je l'ai provoqué… Sur cet écran (il pointe un autre écran). Y a un trafiquant d'arme basé à Managua qui effectué un transfert de fonds vers un trafiquant de drogue basé aux îles Caïmans. (Faisant une grimace extra : ) C'est pas normal, quelqu'un doit éliminer ces types là !

Lili regarde Boone, dubitative.

Boone : Engagez la conversation, allez !

Lili : Hum…C'est rare ce nom là… Augure, c'est irlandais ?

Augure : hum… Ce n'est pas "O'Gur" ! Non, moi, ça s'écrit A… A U G U R E. Un aruspice, un grand chaman, un vaticinateur, un prophète.

Lili : Ah…

Augure : un "augure" !

Lili : pigé.

Augure : Ah… je l'adore. (à Boone : ) Tu me la ramènes.

Boone : Je n'y manquerai pas.

Augure : Elle peut venir sans toi.

Il repart dans ses ordinateurs.

Boone : Augure, ma femme a été assassinée.

Augure : Je l'ai su. Désolé.

Boone: On a voulu faire passer ça pour un accident de voiture.

Augure : Je suis un mec compétent mais question résurrection, je dois reconnaître que ça me dépasse.

Boone : Tout ce qui m'intéresse, c'est de coincer le meurtrier de Kate. (Il lui tend une carte magnétique qui doit être sa carte de crédit.) En cas de besoin, sers-toi de ça.

Lili : Jusqu'à combien ?

Augure se retourne brutalement vers elle.

Boone : Tu excuseras ma jeune collègue, elle ne sait rien de l'excellence de tes travaux. Elle ignore que ce n'est pas le premier venu qui arrive à pirater les ordinateurs du fichier criminel national et à chercher des similitudes avec le meurtre de ma femme sans qu'on s'aperçoive de rien. Pas de témoins. Dis-moi, tu pourrais le faire ?

Augure : Hum…ouais !…

Boone : Un boîtier électromagnétique. Le 14 août au soir, elle a grillé un feu, un camion l'a percuté. Un travail de pro, un déclencheur thermique dans l'injection a provoqué l'explosion.

Augure essayant de s'approprier la carte : demain… peut-être même ce soir.

Boone lui laisse la carte.

Boone : Je vais devoir t'abandonner à l'excellence de tes travaux, Augure. Je te remercie.

Il fait signe à Lili et tous deux s'en vont.

 

Bureau de police.

Morovsky : Tout est dans le rapport, Will : le feu est passé au vert, le camion a déboulé… ah, ça me met mal à l'aise d'en parler, tu devrais le comprendre.

Boone: Bob, relax, simple question.

Morovsky : OK… le camion démarre…

Boone : Au feu vert ?

Morovsky : Oui, et confirmé par les témoins, Kate passe le feu rouge comme une fusée, elle braque tout à droite, heurte le camion et fait quelques tonneaux.

Boone : C'est pas le genre de Kate.

Morovsky : Oh que non, c'était la prudence même.

Boone : Ouais, chaque fois qu'elle me conduisait, ça me rendait fou.

Morovsky : Peut-être que quelque chose la tracassait.

Boone a un flash-back où il revoit cette fin de soirée, quand Kate l'a quitté à la sortie du poste de police.

Morovsky : Qu'est-ce que tu as ?

Boone : Rien. Non, non, je… un petit coup de barre.

Morovsky : Tu devrais prendre quelques jours de repos. Et je suis pas le seul à le penser.

Boone : Y avait une voiture juste derrière elle d'après l'un des témoins.

Morovsky : Impossible de retrouver le chauffeur.

Boone : Tu crois qu'il a filé ?

Morovsky : Ouais, ça se peut, j'en sais rien.

Morovsky attrape son global.

Morovsky : Le camionneur a affirmé avoir vu un mec stopper près de l'épave, il est descendu, il a jeté un coup d'œil et salut.

Boone lisant le rapport sur le global de Morovsky : "homme, race blanche, non identifié, voiture sport décapotable."

Morovsky (toujours sur le rapport) : renflement sur le capot moteur… peut-être un boîtier déclencheur.

Boone a un flash, il voit sa femme quitter le poste en voiture. En la regardant s'éloigner, il aperçoit une voiture décapotable garée à proximité.

Boone : Merci, Bob.

Boone s'éloigne.

Morovsky : Tu parles… Hey hey hey…

Boone : Ouais ?

Morovsky : Pense aux vacances !

Boone : Ouais, c'est ça…

Morovsky : Il faut absolument que tu en prennes.

Boone : C'est promis.

Morovsky le regarde partir d'un air désolé.

Sur les marches à la sortie du poste Boone se souvient de nouveau de sa femme sur le départ…

Boone (à lui-même) : Rappelle-toi, rappelle-toi !

Il voit le cabriolet partir après Kate.

 

Chez Augure.

Augure : Oh, faut pas me précipiter !

Boone : Tu m'avais dis "ce soir" !

Augure : Je t'ai dis "peut-être ce soir"

Il fait des cherches sur son ordinateur.

Voix de synthèse de l'ordinateur : "fichier central, emprunte manuelle s'il vous plaît."

Augur entre une disquette.

Ordinateur : "analyse"

Boone admirant la synthèse vocale de l'ordinateur : Où t'as dégotté ça ?

Ordinateur : "bonsoir docteur Askin."

Boone : Docteur, hein ?

Augure semble plutôt content de lui.

Augure : Ca y est, on est dans le module. Recherche "bombe, véhicule et injection électronique" recensement total…

Ordinateur : "recherche en cours…"

Augure : Pfou…

Boone : Quoi ? Y a un problème ?

Augure : 206 problèmes ! C'est le nombre de dossiers identiques à travers le monde.

Boone : Combien de dossiers avec photos de prévenus ?

Augure lance la recherche.

Ordinateur : "recherche en cours."

Augure : Trop nombreux.

Boone : Envoie !

Augure : On en a au moins…

Boone  : Envoie, je te dis ! Discute pas.

Les photos défilent à l'écran.

Boone :  Plus vite !  plus vite !

Augure : Tu prends même pas le temps…

Boone : Plus vite, s'il te plais, Augure.

Les photos défilent à une allure folle.

Boone : Attends. Reviens. Doucement, encore, encore. Stop !

Augure lisant sur l'écran : Corr, Judson William. Soupçonné du meurtre de Frida Marinov âgée de 48 ans, Topenga, Californie. Classé sans suite, faute de preuve.

Boone : Agrandi la photo.

On reconnaît le type à l'allure de sadique qui conduisait la voiture qui suivait celle de Kate le soir fatal.

Boone a un flash-back où il revoit la tête de l'homme au volant de la décapotable avant qu'il ne démarre pour suivre Kate. Il n'y a pas erreur, c'est bien lui.

Augure : Tu connais ce type là ?

Boone : Je l'ai vu UNE fois.

 

Appartement du sadique en question.

Coor est chez lui, à genoux et il fait mumuse avec des bougies, comme en prière, mais il semble vouloir se griller la barbichette (quand je disais qu'il était pas net…)

Une voix provient de l'ordinateur allumé sur la table : Judson, vous pouvez m'accorder une minute ?

Coor : Quoi ?

Voix : Vous m'avez demandé de vous avertir au cas où certaines adresses seraient activées.

Il souffle sa bougie et se lève. Il est en slip (et c'est pas beau à voir…)

Coor : Me voilà, tu peux y aller.

Sur l'écran de l'ordinateur, on voit une femme dont les vêtements semblent pas l'encombrer, elle semble être sa secrétaire ou sa collaboratrice voire même sa… (bref…)

Collaboratrice : Quelqu'un à ouvert le dossier 11402B du fichier central du FBI. Accès obtenu à partir d'un terminal double bride.

Coor : Terminal ? où il se trouve ?

Collaboratrice : Information non disponible. Le principe du terminal double bride est de ne rien divulguer sur son propriétaire.

Coor se lève.

 

Juste en bas de chez ce maniaque.

Boone se gare, sort de la voiture et pénètre dans l'immeuble après avoir falsifié la sécurité. Il monte chez lui. Il s'approche de sa porte. En écoutant ce qui se passe à l'intérieur, il entend des bip bip qui ne sont jamais de très bonne… augure. Il se met à courir vers la sortie quand l'explosion se produit. Il est projeté au sol.

Corr est à l'autre bout du couloir, il jette un œil pour voir si Boone est toujours vivant. Quand Boone se relève, il s'enfuie en courant vers l'escalier de secours.

Boone le poursuit et se retrouve dans la ruelle où il est garé mais ne voit plus personne.

 

Bureau de Boone.

Lili : Nous avons trop investi sur vous pour vous laisser délirer comme ça.

Boone : Doors a peut-être misé sur le mauvais cheval.

Lili : Je ne crois pas, non. Mais vous vous acharnez à prouver le contraire.

Boone : Parce que je ne peux pas faire autrement.

Lili : Bien sûr que vous le pouvez, à l'inverse de Sandoval qui est un fondu de CVI, lui.

Boone : Je vous serai d'aucune utilité si je ne trouve pas l'assassin de ma femme.

Lili : Et si vous le trouvez ?

Boone : Vous n'avez qu'à m'aider et vous le saurez.

Visiophone : Un appel de Da'an sur l'écran 1.

Boone : Accepté.

Da'an apparaît sur l'écran.

Da'an : Commandant, Capitaine.

Boone : Oui, Da'an ?

Da'an : J'espère que tout va bien. Vous paraissez troublé.

Boone : Mes nouvelles fonctions me rendent nerveux.

Da'an : Je crains fort d'ajouter à votre nervosité, j'aimerai que vous soyez à Washington dans les plus brefs délais.

Boone acquiesce.

 

Washington - Ambassade Taelon.

Boone entre dans le bureau de Da'an.

Da'an est debout à côté de son fauteuil et ne semble pas très content.

Da'an : Sandoval ne vous aurait-il pas fait part de mon souhait ? Vous deviez poursuivre les présumés complices de l'assassin de Jonathan Doors.

Boone : Oui, Da'an.

Da'an : Savez-vous que votre implant a été programmé de telle sorte que vous soyez en permanence au service des compagnons ?

Boone : Tout à fait.

Da'an : Malgré cela vous gâchez votre potentiel en vous lançant à la poursuite d'un parfait inconnu. L'assassin imaginaire de votre femme. J'ai du mal à admettre qu'un humain sous mon autorité contrarie le vœux d'un compagnon pour un motif aussi médiocre en soi que la vengeance.

Boone : En poursuivant le meurtrier de ma femme, c'est vous que je sers.

Da'an s'assoie. Il n'a pas vraiment l'air convaincu.

Da'an : Une explication s'impose.

Boone : Répondez d'abord à cette question : Avez-vous fait tuer ma femme ?

Da'an perd en partie son apparence "humaine" sous le coup de la question.

Da'an : Dites-moi pourquoi et en quoi la mort d'un innocent présenterai un avantage pour moi.

Boone : Il me semble évident que je pourrais beaucoup mieux vous servir une fois libéré de ce doute. Si vous étiez le commanditaire du meurtre de ma femme,  alors je saurais à quoi m'en tenir et je retournerai à mes activités.

Da'an : Et si la mort de votre femme n'était pas de mon fait ?

Boone : On en déduirait que la bombe m'était destinée, et ce probablement, en mesure de rétorsion pour vous avoir sauvé la vie.

Da'an : J'en conclue donc qu'en poursuivant l'homme qui a assassiné votre femme vous servez d'autant mieux les compagnons.

Il semble rassuré.

Da'an : Je n'ai jamais ordonné la mort de votre femme.

Boone reste de marbre.

Da'an : Il est clair que votre CVI a rehaussé les facultés cognitives que vous possédiez, je sens que nous allons faire de grandes choses ensemble.

Boone : Je vous suis extrêmement reconnaissant de m'avoir offert la chance de ma vie.

Da'an semble plutôt satisfait de voir son implanté aussi docile.

Da'an : Faites comme bon vous semblera, je ne porterai aucun jugement.

Boone se retire mais Da'an l'arrête.

Da'an : Boone… puissiez-vous trouver la paix intérieure.

Boone a pas l'air d'y croire vraiment. Il s'en va.

 

Flat Planet Cafe.

Lili et Boone entre dans une pièce privée protégée par un code numérique. La pièce est vide.

Boone : Alors, où est-il ?

Lili : On ne le sait jamais avec précision. Il aime mieux que ce soit comme ça.

Boone: Ca peut se comprendre quand on vous croit mort et enterré.

Lili : Si vous m'expliquiez en vitesse pourquoi nous sommes là.

Boone : D'abord, je suis vivant, c'est déjà un élément…

Doors sortant d'on ne sait où : … qui n'explique pas le reste.

Boone : J'aimerai pouvoir faire ça.

Doors : C'est pas difficile. Qu'est-ce que Da'an voulait ?

Boone regarde Lili.

Boone : Savoir pourquoi je poursuivais l'assassin de Kate.

Lili : Qu'est-ce que vous lui avez dit ?

Boone : Je lui ai demandé si l'ordre venait de lui.

Doors : Et alors ?

Boone : Il a dit "non".

Doors : Ce qui ne vous a pas étonné, bien entendu.

Boone : Je suis convaincu qu'il dit la vérité.

Doors : Arrêtez un peu de dire n'importe quoi.

Boone : A plusieurs reprise je l'ai mis suffisamment en confiance pour qu'il avoue.

Doors : Vous n'avez pas la moindre idée des motivations profondes d'un taelon.

Boone : Et vous ?

Doors : Je n'ai pas attendu que vous mettiez votre vie en jeu pour être convaincu. Ce sont des êtres complexes et extrêmement fourbes. N'oubliez jamais : il ne faut pas se fier aux apparences.

Boone que ça fait marrer : J'en connais d'autres qui correspondent à cette définition.

Doors a pas l'air d'aimer la remarque.

Boone : J'ai l'aval de Da'an pour continuer à traquer l'assassin de Kate.

Doors : Je vais régler ça d'ici.

Boone furieux : Il n'en est pas question !

Doors : Nous avons déjà eu assez de difficultés à vous faire enrôler par les compagnons pour accepter qu'un assassin haut de gamme fasse tout tomber à l'eau.

Boone : Il est regrettable que le docteur Belman n'ait pas réglé mon implant de façon à ce que je ne serve que vous.

Doors : Je compte évoquer ce problème avec elle.

Ils se défient méchamment du regard. Boone s'en va.

Lili : Avec lui, on savait que ça resterait au stade expérimental.

Doors : Mais il est toujours notre allié, d'après toi ?

Lili : J'en suis sure !

Doors : Si tu faisais fausse route, élimine le.

Lili semble tout à fait prête à agir selon les ordres.

 

Chez Augure

Augure : Comment tu es arrivé à entrer sans frapper ?

Boone : On a un léger problème : tes recherches confidentielles, Coor est au courant.

Augure : Totalement impossible !

Boone : Tout à fait possible, parce qu'il m'attendait de pied ferme quand je suis arrivé à son appartement, avec un petit cadeau de bienvenue, et toi, tu m'avais affirmé que ça n'arriverai pas !

Augure : La maison ne rembourse pas de toute façon.

Boone attrape Augur par la barbiche.

Boone : Je ne te demande pas de me rendre mon fric, Augur ! Non, tout ce que je te demande, c'est de retourner dans les fichiers de Corr pour lui permettre de remonter jusqu'à nous.

Augure : Boone, t'as complètement pété les plombs ! Tu connais la force de frappe de l'ennemi ?!

Boone : Oui, je la connais !

Augure : Et ben alors ? Et tu voudrais que j'attire ce type…

Boone : … ici !

 

Ambassade taelon, Bureau de Boone

Visiophone : Appel sur écran 2. Identité du correspondant bloquée.

Lili se trouve seule dans la pièce.

Lili : Accepté.

A la voix, on devine qu'il s'agit d'Augure.

Augure : Capitaine, c'est moi.

Lili : Un problème ?

Augure : C'est Boone, le problème.

Lili : Il est près de vous ?

Augure : Oui, et il a invité quelqu'un de peu fréquentable chez moi. On avait un contrat, il l'a pas respecté, terminé, je ferme boutique !

Il coupe la communication.

Lili quitte la pièce.

 

Chez Augure.

Corr, le barjot, se balade dans l'entrepôt d'Augur armé d'un flingue à tuer les écureuils avec une visée laser et une lunette thermique. Il renifle l'air... et jette un œil dans sa lunette pour faire le tour du propriétaire. Il remarque la présence de deux personnes un peu plus loin. Heureux de son coup il embrasse son flingue.

Corr : Là, je l'sens.

Il s'approche de la salle des ordinateurs d'Augur mais se trouve piégé dans l'antichambre. Boone qui est dans l'autre pièce le menace à travers la vitre avec son skrill et il est pas très content…

Boone : Tu te souviens de moi ?

Corr s'échappe en tirant dans le verrou de la porte de sortie qui fini par s'ouvrir. Boone part à sa poursuite.

Corr tire en rafale sur Boone qui se déplace entre les piles de cartons mais son fusil fini par s'enrayer. Boone en profite pour faire agir son skrill mais il le manque de peu.

Lili qui est venu à la rescousse tire à son tour sur Corr.

Boone : Qu'est-ce que tu fais là ?

Corr tire sur elle mais il la manque et elle riposte de nouveau. Il tente de s'échapper en prenant un escalier de secours. Boone en haut avant lui en empruntant une corde reliée à une poulie. Le combat au corps à corps s'engage. Lili n'ose plus tirer.

Corr passe de l'autre côté de la rampe mais Boone le retient pour éviter qu'il ne tombe. Coor rigole…

Boone : Raconte-moi ! Dis-moi si tu as pris ton pied en voyant brûler ma femme ! Qui t'a proposé ce contrat ? qui ?

Corr semble comprendre que Boone n'est pas là pour rigoler et qu'il va y passer sous peu…

Boone : Je t'écoute !

Corr : Tu veux savoir ? Remontes-moi et tu sauras.

Boone le remonte sur la passerelle de l'escalier et le met un gnon dans la tête avant de le menacer de son skrill.

Boone : Je t'écoute.

Corr semble soudain recevoir un coup tiré par un skrill. Il se met à dévaler l'escalier. Arrivé en bas, il semble être assommé ou mort.

Un peu plus loin se tient Sandoval dans un superbe costume cravate niquel.

Sandoval : Vous sembliez près à le tuer, ce qui aurait été une erreur monumentale. Da'an souhaite étudier son cas.

Boone descend, l'air furieux. Lili se cache un peu plus derrière les cartons.

Boone a un flash-back du moment de son implantation.

Boone : C'est vous le responsable ? C'est vous qui avez ordonné le meurtre de ma femme.

On voit le visage impeccable de Sandoval, seulement de moitié, l'autre restant complètement dans l'obscurité. Il en va exactement de même pour Boone qui se tient en face de lui, sauf que lui est en sueur, très légèrement amoché et un peu sale. Si l'un semble complètement calme, l'autre semble retenir à peine une fureur incomparable.

Sandoval penche légèrement la tête de côté : Ne me remerciez pas. N'ayez aucune inquiétude, votre femme n'a pas souffert, Monsieur Corr est un artiste. En fait, j'ai découvert le problème en recevant mon implant : aussitôt ma femme s'est aperçu que j'étais complètement différent. Deedee n'était pas un génie mais après l'implantation de mon CVI elle s'est conduite de façon… infantile. Il va de soi que j'ai cessé de m'intéresser à elle. Elle a commencé à parler divorce, à ennuyer sa mère et ses sœurs en leur disant comment j'étais devenu subitement un être monstrueux. J'ai du m'en débarrasser.

Boone semble être à la limite de la raison : Vous avez fait tuer votre femme ?

Sandoval : Non… autre erreur monumentale… elle a été placé dans un établissement spécialisé. Le bureau y met à l'écart toutes les personnes qui n'ont plus leur place dans la société : informateurs, psychopathes… Je ne souhaite à personne de vivre ce que j'ai vécu, ça à parasité pendant des mois mon travail avec les compagnons. Nous ne connaîtrons plus l'amour, Boone, jamais plus.

Boone baisse les yeux. Son skrill est extrèmement lumineux, près à faire feu. Lili, comprenant ce qui se passe, pointe son arme sur lui.

Lili (à elle-même) : Je vous en prie, Boone, ça ne servirait à rien.

Boone lève les yeux sur Sandoval et s'en va sans dire un mot. Lili relève son arme.

Sandoval reste un moment. On voit son menton trembler et son attitude laisse à penser qu'il est loin d'être aussi indifférent que ce qu'il voulait montrer à Boone. On a l'impression qu'il est à deux doigts de pleurer.

 

Ambassade taelon - Washington - Bureau de Da'an

Réunion du Synode.

Membre du Synode 1 : Votre confiance envers le Commandant Boone semble justifiée.

Da'an : C'est vrai.

Membre du Synode 2 : Auriez-vous des réserves ?

Da'an : Lorsque je suis arrivé sur la Terre, je m'attendais à tomber sur des humains plus compréhensifs, malléables ; disons comme les pièces d'un jeu qu'on déplace à l'envie.

Membre du Synode 2 : Les auriez-vous trouvé plus résolus que vous ne l'auriez cru ?

Da'an : Disons plutôt "énigmatiques". Alors qu'ils sont capables de réaliser de très belles choses, ils peuvent aussi faire preuve d'une grande sauvagerie. Mais je suppose que c'est là l'une des raisons de notre présence.

 

Hôpital psychiatrique

Un aide-soignant apporte une magnifique fleur, une orchidée, à l'une des patiente.

Aide-soignant : Madame Sandoval ? On vient de déposer ça pour vous, des orchidées. Elles sont belles comme tout, hein ?Il faudra pas oublier de les arroser.

Deedee semble complètement dans le cirage et semble à peine avoir conscience de ce qui l'entoure.

Deedee : Savez-vous qui les envoie ?

Aide-soignant : Ah, ça, je pourrais pas vous dire, y avait pas de carte de visite.

Il s'en va et laisse Deedee admirer sa fleur.

 

Chez Boone.

Alors qu'il traverse le salon, on voit, au fond de la pièce une baie vitrée transformée en serre. Des dizaines de pots d'orchidées se trouvent là mais elles semblent avoir souffert d'abandon depuis un certains temps.

Boone a un flash où il voit sa femme s'occuper de ses fleurs avec grand soin, où il s'approche d'elle pour l'embrasser dans le cou et où elle se retourne pour l'asperger d'eau avant de l'embrasser de plus belle.

Il s'approche des fleurs.

Boone : Je suis désolé. Je vais m'occuper de vous, je vais m'occuper de vous.

Et il asperge les plantes avec dévotion et soins.

 

 

FIN

 

 

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La retranscription du script de cet épisode n'a été nullement effectué dans le but d'en retirer un avantage lucratif. Elle n'a pour seul objectif que de faire partager le plaisir des dialogues à ceux qui le liront. C'est pourquoi je me permets de demander à ceux-ci de n'en faire qu'un usage personnel et privé. Merci pour les auteurs.

 

Pardon pour les fautes…

 

Missy

Melsa@caramail.com

 

Si vous souhaitez importer ce transcript sur un autre site que celui-ci, je vous serai gré de bien vouloir me le faire savoir, ne serait-ce que par politesse. Merci.

 

 

 

 

Merci de ne pas utiiser ce fichier sans l'accord de son auteur

 

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Contact invasionterre maxence@autremonde.net

 

 

 

texte © Tribune Ent.1998 / C+ pour la traduction